Questionnaire TDM


INTRODUCTION (fr)

INTRODUCTION AU QUESTIONNAIRE PORTUAIRE

Bonjour,
Dans le cadre de la Biennale de Dieppe 2007 (ouverture le 08 sept), nous vous invitons à contribuer aux réflexions de la Biennale de Dieppe sur son destin portuaire contrarié. Des contributions courtes par internet (texte, images). Nous cherchons de nouvelles hypothèses pour réinventer ce paysage, sans tout effacer. Comment une ville peut-elle continuer faire port sans répéter des usages dépassés? La Biennale s’envisage elle-même plus comme un outil urbain (documentaire/fiction) que comme une exposition d’oeuvres d’art. Un outil pour révéler des dimensions, et rendre les enjeux publics.
Introduction : Pourquoi Dieppe ?
Dieppe est une ville portuaire de la Manche qui fût au XVIe siècle un des premiers ports français, d’où l’on partait pour le Brésil, Terre Neuve, l’Afrique ou l’Inde. La situation exiguë du port l’a progressivement condamné à perdre de son influence, puisque aucun supertanker ne peut se glisser dans ses bassins obsolètes.
Depuis 2006 le trafic cargo est d’ailleurs interrompu à la suite d’un rachat du terminal fruitier par une société internationale qui ne souhaite pas exploiter le port de Dieppe. Et c’est la moitié du corps de la ville qui est désactivé sans bruit ou presque. Les élus se rendent au Cameroun pour essayer de faire revenir les ananas et les bananes. Mais les ananas ne reviennent pas. Le port de pêche est à son tour menacé par des limitations de volume de prise par l’union européenne. Et la seule alternative envisagée jusqu’ici semble être de tourner le dos à cette dimension industrielle, et d’accélérer la reconquête de l’attractivité touristique côté plage, en transformant les bassins portuaires en garages à yachts. Et pourquoi pas ?
Nous nous interrogeons sur la possibilité pour un territoire de moyenne ou petite taille de continuer à faire port, en se réinventant de nouveaux destins. Ou/et de nourrir des dynamiques ou des situations urbaines par cette métaphore du port : import/export, stocker/reconditionner, transit/redirection, hub/reconfiguration… La fonction primaire qui relie encore Dieppe au monde est celle du transit : chaque jour des Ferry traversent vers New Haven. Et chaque jour, des clandestins venus parfois d’aussi loin que la Tchétchénie ou le Kurdistan essaient de passer la Manche. Et échouent. Certains habitent désormais dans le vieux quartier des pêcheurs, le Pollet, celui qui masque le spectacle inactif du port cargo au reste de la ville. Le territoire est donc pris dans des tensions migratoires, mais n’arrive pas encore à bouger. Pour autant ce territoire n’est pas un lieu triste ou déprimé. Une énergie millénaire ne demande qu’à se reconfigurer.

Et si tout le port industriel devenait un jardin botanique de Plantes voyageuses, avec des vergers flottants ?
Et si Dieppe se spécialisait dans les échanges du commerce équitable qui se mènent le plus souvent sur des cargos qui peuvent entrer dans ce port ?
Et si Dieppe creusait encore plus de bassins pour devenir une ville lacustre dont les bassins protégés du vent seraient des piscines tropicales ?
Et si Dieppe accueillait l’université des ports en déroute ? Des populations jeunes et internationales s’établiraient et dynamiseraient la reconquête des docks par une programmation urbaine mixte ?
Et si Dieppe échappait au destin auquel le condamne son échelle : une ville trop moyenne pour susciter une grande réponse ? Nous ne parlons pas de taille, mais d’échelle, d’intensité.
Alors que de nombreuses réflexions contemporaines portent sur les échelles massives et leur conflit avec des situations hyper locales, nous essayons de faire valoir la portée générique d’un territoire moyen. Il n’y a qu’un Yokohama, Anvers ou Rotterdam, il y a des milliers de Dieppe. C’est une question massive, vue sous l’angle de la répétition. Qui a envie de se poser des questions urbaines pour résoudre des problèmes de 3e ou 4e division ?…








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